Ça fait au moins 40 ans que j’ai pas écrit sur ce blogue-là. Il s’en est passé des affaires en 40 ans, dont plusieurs voyages. Chacun a été marqué par certaines aventures/mésaventures.
Je vais donc commencer par le début, c’est-à-dire par mon voyage à Dharamshala au début octobre. En fait, tout le monde dit « je m’en vais à Dharamshala », « j’suis allé à Dharamshala », sauf que dans le fond, quand on va à Dharamshala, on va plutôt juste à côté, à McLeod Ganj, parce qu’à Dharamshala, y’a rien pentoute.
Donc, je reprends : mon voyage à McLeod Ganj. À vrai dire, j’ai passé près de le skipper. La nuit avant de partir, j’ai été malade pour la première fois depuis mon arrivée en Inde. À peu près comme la p’tite fille dans L’Exorciste.
L’eau, c’est comme du poison ici. On avait demandé de l’eau filtré dans un maudit beau resto propre. Le serveur avait pas l’air sûr de ce qu’on lui demandait, mais il pouvait pas nous le dire qu’il comprenait pas. On prend une couple de gorgées. Fuck. T’es sûr que c’est de l’eau filtrée.
Figure stoïque du serveur.
À partir de ce moment-là, je savais ce qui allait s’en aller se passer. Ça pouvait se passer à tout instant. Heureusement, ça s’est passé durant la nuit, chez moi.
Quand je me suis réveillé le vendredi matin, j’étais tout croche, déshydraté, toujours nauséeux, mais vide de l’intérieur. Pis je pensais juste à une chose : je pars à Dharamshala à 5h ce soir. McLeod Ganj, pardon.
J’ai 8 heures devant moi. Si je veux pas annuler mon voyage, faut que je trouve le moyen de mieux filer. Je dors. J’engloutis des bouteilles d’eau boostée aux électrolytes. Le temps passe et ma situation reste la même.
Pis de la marde, je pars pareil.
Une dizaine d’heures de bus à faire sur des routes indiennes. Ça brasse. On va vite pis on tourne dans tous les sens. Au moins, j’ai l’estomac vide.
À un certain point, on avance moins vite. Je tasse mon rideau pour voir qu’est-ce qui se passe.
Woh.
Soit que les bus indiens sont hauts sur roues, soit qu’on est sur le bord d’une falaise pis que je vois pas le fond. C’est signe qu’on arrive à Dharamshala.
À McLeod Ganj, s’cusez.
Au bout d’une heure à se promener en zigzag sur le bord des falaises, sans que les brakes lâchent, on arrive. On est ben. Fait frette dans les montagnes. On se croit ailleurs qu’en Inde. En plus, y’a plein de moines bouddhistes qui se promènent partout. En fait, Dharamshala/McLeod Ganj, c’est le siège du gouvernement tibétain en exil. Ça explique bien des choses.
Première chose qu’on fait, on se rend au temple du Dalaï Lama. Ben oui, His Holiness a son temple pis sa maison ici. Mais il est jamais là. Comme on le sait, le Dalaï Lama se promène de pays en pays, ce qui « oblige » le gouvernement chinois à écrire des communiqués de mécontentement aux gouvernements qui le reçoivent.
Mais là, le timing était parfait pour nous. Le Dalaï Lama était à McLeod Ganj cette fin de semaine-là pour donner un teaching. On pouvait le voir pour 10 roupies, c’est-à-dire 0,20$. Une vraie joke.
On débourse chacun 10 roupies, on se fait donner une carte de sécurité, on se fait fouiller pis on va s’asseoir dans le temple.
Voyant que j’étais mal en point, un groupe de moines m’a fait une place sur leur matelas de sol. Là, j’étais ben. C’était calme, faisait froid, je dormais avec une douce musique tibétaine. J’suis pas un gars ben spirituel, mais je me sentais guérir de l’intérieur. Il y a tout un vibe dans cet endroit-là.
Vers 13h, les moines se lèvent et commencent à se prosterner. On voit des gardes armés qui montent les escaliers. Pis là, le v’là, le Dalaï Lama. Le vrai. Avec ses grosses lunettes, son crâne rasé pis son kesa rouge vin. À cinq mètres de moi. Ça fait tout un feeling dans le ventre. Pis c’était pas parce que je commençais à avoir faim.
En tout cas, j’ai pu le voir pour environ une minute. Après ça, il est allé s’asseoir un peu plus loin pour commencer son teaching en tibétain. On comprenait rien pentoute, mais pis ça! On croise pas le Dalaï Lama à tous les jours.
Bref, c’était le highlight du voyage. Le reste était cool aussi. À part la visite du Dal Lake. C’est supposé être un lieu sacré. En tout cas, j’peux vous dire que ça m’a fait sacrer quand j’ai vu c’était quoi. Un lac d’eau brune, rempli de déchets, avec des vaches qui chient dedans pis deux-trois kids qui se baignent.
Mais bon, ça reste certainement mon voyage le plus mémorable, simplement parce que j’ai vu le Dalaï Lama. J’ai pas de photos pour vous le prouver, mais vous êtes ben mieux de me croire. Sauf que j’ai des photos pour tout le reste du voyage. Regardez-les si ça vous tente. Moi, faut que j’aille écouter la fin de Dr Doolittle 4.
























